Le nom de Dannemois (Dapnemoy) est mentionné au XIIIe siècle et subit différentes modifications orthographiques au cours des siècles.

Les seigneurs de Dannemois

Les seigneurs de Dannemois sont connus à partir de l'an 1120.
Au Moyen-Age on rencontre deux habitations seigneuriales : le château de la Louvetière et celui du Châtelet, issus de la division du domaine du seigneur Robert de Dannemois à la mort de celui-ci. Ce sont ses héritières, Marie et Jeanne, qui se partagent la seigneurie. Le Châtelet est octroyé à Jeanne et la Louvetière à Marie.

Le premier serait contemporain de la partie romane de l'église avec laquelle il fait corps. Il aurait pu être  une ancienne ferme de Templiers ou un ancien monastère des Chevaliers de Malte et appartiendra pendant de longs siècles aux Seigneurs de Melun.
Ce domaine deviendra à la Révolution maison d'habitation. Il est acquis en 1970 par les sculpteurs Jean Tinguely (qui a créé le Cyclop à Milly-la-Forêt) et Niki de Saint-Phalle.

Le second, le domaine du Châtelet, d'abord attribué à Jeanne passe ensuite aux mains de différents seigneurs mais ne laisse plus aucun vestige aujourd'hui.
La seigneurie de Dannemois divisée depuis 250 ans se trouve unifiée en 1601 et revendue à Pierre Clausse, puis à Claude Gallard, seigneurs de Courances, ce dernier conseiller et secrétaire du roi. Elle reste propriété des seigneurs de Courances jusqu'au début du XIXe siècle.

L'église saint Mammès

L'église saint Mammès est formée de deux parties : une partie romane, du XI-XIIe siècle, toujours debout, et une partie plus récente au chœur à chevet plat et ouvertures gothiques du XIVe siècle. Différents incendies au cours des guerres endommagèrent l'édifice et la dernière partie de la voûte gorgée d'eau s'est effondrée  dans la nuit du 1er janvier 1900. Un large vitrail, percé lors de la restauration du bâtiment en 2009 est du plus bel effet, donnant sur l'église gothique en ruines, permettant " au fini de déboucher sur l'infini" et de retrouver un peu l'immensité du XIIIe siècle.

Notons que saint Mammès, patron de l'église, fils d'un berger de Césarée,  fut persécuté par Aurélien en 275 pour sa foi. Les lions refusant de le dévorer, les flammes de le brûler, c'est un trident qui le tua. Le saint accomplit alors de grands miracles dont des résurrections d'enfants. Il fait partie de la liste des saints guérisseurs et de bien d'autres intercesseurs.
Notons de beaux fonts baptismaux de l'époque Renaissance. Deux pierres tombales venues des ruines dans les années soixante ont été dressées à l'intérieur de l'église le long du mur sud. L'une est celle d'André Pailler, seigneur de Dannemois.
Le clocher, aux quatre baies géminées, typique du Gâtinais, est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques tout comme la nef. L'ancienne cloche fut refondue  et baptisée le 14 août 1818, du prénom de Marie Mammès. Ses parrain et marraine sont le Marquis et la Marquise de Nicolay, châtelains de Courances.

Et...

En quittant l'église pour se diriger vers le cimetière on rencontre un étrange objet triangulaire fixé au mur qui intrigue bien des gens : un ancien chasse-neige, jadis tiré par des chevaux.
Eglise vue de la place

Epidémies et guerres

Dannemois connut les tourments des épidémies et des guerres. La peste en 1348, et à d'autres reprises pendant la Guerre de Cent Ans; le choléra en 1832 furent  dévastateurs. Les Guerres de Religion, puis la  Fronde en 1652 n'épargnèrent pas le village.
Enfin le 18 septembre 1870 eut lieu un combat entre une compagnie de Francs-Tireurs, gardes nationaux et une colonne allemande. 14 Français furent tués. Les Prussiens perdirent près de 200 hommes dont deux princes. En guise de représailles, des maisons furent incendiées. Un monument en l'honneur des 14 morts du village est érigé à l'endroit où ils reposent, au carrefour de la route de Corbeil et Videlles.
Les guerres suivantes atteindront de nombreux Dannemoisiens qui périrent au front ou en déportation.
(Dossier établi d'après les recherches de "Dannemois se Raconte" qui a édité de nombreux fascicules relatifs au village  et aux travaux réalisés dans le journal paroissial Ecoute)

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